Partager l'article ! Les randonneurs en Tasmanie: 7 Novembre / 15 Novembre Nous voici débarqués en Tasmanie, une îl ...
7 Novembre / 15 Novembre
Nous voici débarqués en Tasmanie, une île de la taille de l'Irlande, peuplée de quelque 480 000 habitants et probablement bien davantage de moutons. L'île du Diable est réputée pour être la région la plus sauvage et préservée d'Australie, et avoir pour le moment échappé à la déforestation et aux sirènes du tourisme.
Le planning est loin d'être figé dès l'arrivée : dans un ordre restant à définir nous projetons de balayer la côte Est et ses plages de sable blanc, travailler dans les champs quelques jours (la saison des cerises se rapproche) et nous frotter à la randonnée la plus célèbre d'Australie, l'Overland Track, un sentier de 80 km dans les montagnes (5 à 7 jours de marche), craint pour les conditions climatiques difficiles qui sévissent en toute saison (la statistique: 7 jours de pluie / 10 en moyenne sur l'année). Bref une randonnée qui se prépare sérieusement pour ne pas se retrouver à cours de nourriture ou gelé sur les pentes des plus hauts sommets de Tasmanie.
C'est donc en toute logique qu'au bout de 24 heures nous décidons de nous rendre au départ de l'Overland Track, randonneurs chevronnés que nous sommes. Les prévisions météo des 4 prochains jours (soleil et chaleur en principe) ont suffi à nous convaincre, et peu importe si nous n'avons pas de tapis de sol, de gaz pour nous faire à manger, de vêtements chauds, et si nous ne savons pas comment revenir une fois au bout du chemin(nous sommes obligés d'abandonner Tagada quelques jours), tout se passera bien...et encore une fois il faut croire que la chance a décidé de ne pas nous lâcher d'une semelle - ce qui nous convient bien- car nous avons passé une semaine EXTRAORDINAIRE. Récit d'une parenthèse enchantée.
Samedi - 14h00.
Sacs de couchage, polaire, riz, fruits secs, brosses à dents. Pas de doute, nous avons tout ce qu'il nous faut pour avaler les 80 kilomètres traversant le centre de la Tasmanie du Nord au Sud. Les repas sont programmés pour 5 jours, nous avons fait l'acquisition d'une jolie tente, pris une douche longue durée pour sentir bon quelques minutes supplémentaires, et la boussole est rangée dans la poche du haut. En voiture, direction Cradle Mountain, point de départ d'une nouvelle aventure. L'organisation est tellement parfaite que nous avons prévu d'arriver sur place la veille du départ pour nous inscrire, parer aux éventuels oublis, et attaquer la première étape à l'aube (vieille ruse de randonneur pour éviter la chaleur) dimanche matin.
Samedi - 16h31
La route étant un poil plus pentue que prévu, nous arrivons quelques secondes trop tard pour nous inscrire sur la liste des partants (pour préserver le site et le côté authentique, pas plus de 36 personnes ne peuvent partir le même jour, et qui plus est tout le monde va obligatoirement du nord au sud). Il faudra donc attendre l'ouverture dimanche pour pouvoir nous élancer. Dommage, on en aurait bien profité pour nous acheter un réchaud à gaz (celui du van étant peu pratique à transporter dans un sac à dos). Toujours est il que nous faisons la rencontre d'un couple de français (Aurélie et Guillaume pour les citer, on les retrouvera plus tard) venus également se frotter aux sentiers de l'Overland, qui nous proposent de partager leur brûleur (le petit bouchon qui se fixe sur la bouteille de gaz) au cas où l'on ne puisse s'en procurer. La solidarité des randonneurs est en marche, nous pouvons dormir sereinement.
Dimanche - 8h00
En avant marche, les sacs sont bouclés, et même s'ils pèsent un peu lourd au démarrage, on va s'y faire! Adieu Tagada, direction les inscriptions.
Pour le retour au van à la fin de la randonnée, trois options se présentent : un bus qui met 48 heures à nous ramener, une navette privée au prix dissuasif et l'auto-stop, option la plus économique et incertaine...on rentrera donc en stop, on n'est pas pressé après tout.
Dimanche - 11h00
Les formalités ont duré un peu plus longtemps que prévu. Au passage nous avons trouvé une bouteille de gaz et des sacs imperméables pour protéger nos affaires, ça peut toujours servir. Ne reste qu'à signer le registre officialisant notre départ. En avant toute !
Dimanche - 13h00
Premier déjeuner de la randonnée. Il fait beau et chaud, le paysage est magnifique, on se sent presque seuls au monde. Pourvu que ça dure.
Dimanche - 14h31
Nous voici dans l'ascension de la Cradle Mountain; reste à traverser une névé pour boucler la montée. Une petite chute dans la neige plus tard, je me dis qu'il vaut peut être mieux garder des forces pour plus tard, au grand désarroi de Julie qui se voyait déjà planter le drapeau tricolore au sommet. Nous redescendons doucement vers la piste.
Dimanche - 18h00
Arrivée au campement, constitué de deux refuges et d'emplacements pour tentes. Nous sommes ravis et en pleine forme, quelques étirements sont toutefois les bienvenus pour soulager les épaules et les jambes.
Nous faisons connaissance avec nos compagnons de route, une vingtaine au total, tous australiens hormis nos compatriotes évoqués précédemment. Parmi eux un groupe de 5 femmes (35-45 ans) originaires de Tasmanie et un autre de quatre hommes (45-55 ans) avec lesquels nous sympathisons assez rapidement. Premier repas chaud, avec un brûleur c'est effectivement bien plus facile! Nous choisissons de dormir dans le refuge, ce qui nous évite de monter la tente. Quelques wallabies et paddimelon traînent autour du refuge, c'est rigolo.
Dimanche - 23h12
Réflexion faite, un tapis de sol serait bien utile également. car dormir à même la planche de bois n'est pas très confortable.
Lundi - 6h45
réveil sous le soleil après une nuit douloureuse. Etape tranquille au programme, avec un petit détour en bord de lac. La sieste est d'ores et déjà prévue.
Lundi - 17h30
Fin de la deuxième journée; marche à travers les lacs et les forêts, paysages fantastiques , calme incroyable et pas un nuage dans le ciel.
Nous retrouvons les mêmes groupes que la veille au refuge; cette fois tout le monde dort à l'intérieur, ce qui est l'occasion de discuter avec la plupart, c'est très sympa. Nous nous
confectionnons des matelas de fortune, à base des vêtements que nous avons dans nos sacs à dos pour avoir un peu moins mal pendant la nuit.
Mardi - 01h47
Les rares qui ont eu la chance de s'endormir avant les ronfleurs (et l'australien ronfle bien) se font réveiller par la panique suivant l'entrée dans le refuge d'un opossum. Ces marsupiaux nocturnes ont en effet pris la fâcheuse habitude de venir se servir dans les tentes et les sacs à dos des randonneurs. Celui-ci est passé par une fenêtre entrebâillée, et comptait s'offrir un repas ou deux à nos frais. C'était sans compter sur les réflexes des australiens, habitués à devoir chasser les intrus de leur maison. Chacun repart dans ses rêves, ce qui n'empêche pas l'opossum d'essayer de revenir par tous les moyens, on l'entend gratter partout toute la nuit.
Mardi - 7h45
La French Team s'élance la première pour ce qui est en principe la journée la plus longue de la randonnée. Nous ouvrons donc la piste, de plus en plus boueuse malgré le beau temps, et profitons de la tranquilité de la matinée. Ca monte dur mais ça en vaut la peine, nous sommes ravis.
Mardi - 16h30
Arrivée au refuge dans la sueur et les courbatures (même si les sacs pèsent déjà un peu moins lourd). Pour se rafraîchir rien de mieux qu'un petit bain dans la rivière, suivi d'un bain de soleil, vive le mois de novembre! Face aux conditions climatiques exceptionnelles nous décidons de nous préparer le lendemain pour l'ascension du mont Ossa, plus haut sommet de Tasmanie (1617m). Nous abandonnons nos tasmaniennes qui partent vers d'autres sommets, mais nous proposent de nous retrouver à la fin de la randonnée pour nous avancer en voiture vers le retour. Trop facile!
Mercredi - 13h47
Nous voici au sommet de la Tasmanie! Oubliés les rochers à escalader, la neige, le vent, nous avons bien mérité le panorama qui se présente à nos yeux. Encore une belle journée...
Mercredi - 13h58
Le drame. Nous perdons notre bouteille d'eau, qui glisse sous une couche de neige d'un bon mètre, et que nous ne pouvons atteindre. Le spectre de mourir de soif se présente pour la première fois. Que faire?
Mercredi - 14h25
Ce fut long et délicat, mais l'opération sauvetage de la bouteille est un succès! Merci à Guillaume et Aurélie pour leur précieuse aide, qui nous a permis de récupérer notre bouteille. Euphorique, Julie part faire la descente en luge.
Mercredi - 20h17
Après de savants calculs et un débat passionné, nous nous mettons d'accord pour finir la randonnée samedi midi (au lieu de vendredi midi prévu initialement). C'est maintenant la perspective de mourir de faim qui se présente, le rationnement commence.
Jeudi -7h30
Il pleut! Il fallait bien que le beau temps cesse, car les statisticiens commençaient à paniquer.
Jeudi - 7h36
Il ne pleut plus. On dirait bien que finalement les sacs imperméables ne serviront à rien!
Jeudi - 19h42
Au menu ce soir nouilles chinoises et 2 mini-cookies. On commence à saliver en évoquant le festin que l'on s'offrira à l'issue de la semaine, ce n'est pas bon signe... Ah oui au fait la journée, comment s'est elle passée? Cascades, lacs, montagnes, paysages à couper le souffle, bref la routine.
Vendredi - 14h00
Nous abandonnons Aurélie et Guillaume, qui comme la plupart des randonneurs choisissent de terminer la marche...en ferry! Pas question pour nous de tricher, nous irons jusqu'au bout. Les quatre australiens nous accompagnent. Au fait, on a un peu faim.
Vendredi - 15h22
Tiens, un serpent-tigre sur le chemin! Julie se dit que ce serait amusant de le toucher, pour ma part je suis déjà bien loin, les serpents mortels ce n'est pas vraiment mon truc.
Vendredi - 20h34
Il nous reste une barre de céréales et trois tranches de pain de mie, assez en principe pour tenir jusque demain midi. Nous avons partagé nos dernières miettes de saucisson et de chocolat avec nos camarades, qui nous en remercient une bonne vingtaine de fois chacun. Pour la dernière nuit nous dormirons au bord du lac dans la tente, histoire de ne pas l'avoir transportée toute la semaine pour rien; la fin est proche.
Samedi - 10h20
Fini !!! Après trois dernières heures de marche, nous franchissons la ligne d'arrivée, heureux de pouvoir prendre bientôt une douche chaude et enfin nous débarrasser de nos poubelles. Mais avant tout détour par la cafétéria, n'oublions pas les priorités.
Samedi - 17h30
Nos australiennes débarquent du ferry, accueillies par maris, enfants et quelques bouteilles de champagne. Nous nous retrouvons invités à dîner chez Kate et Roderic, on ne sait où. Peu importe, nous sommes déjà dans la voiture, direction la maison.
Samedi - 19h00
Nous voici en pleine campagne, au milieu des fermes d'élevage. Nos hôtes ont une petite ferme familiale (ils en sont à la 7ème génération), dans laquelle vivent 8 000 moutons et 1 500 vaches, une broutille. Nous avons à notre disposition une dépendance, qui hébergeait les saisonniers, notamment les tondeurs, il y a quelques années. Pour le dîner nous sommes 8 adultes plus une dizaine d'enfants. Le repas est succulent, l'ambiance très détendue. Au passage on nous montre la chambre où a dormi la reine Victoria il y a quelques dizaines d'années... amusant non? Nous passons une excellente soirée.
Dimanche - 14h00
Après ce qui doit être notre première vraie grasse matinée depuis notre départ de Paris et un bon petit déjeuner, nous partons en 4X4 faire le tour de la propriété avec toute la famille. C'est immense, et aussi très joli!
Dimanche - 15h33
Nous voici arrivés aux limites de la propriété. Quelques photos et on repart se réchauffer à la maison. J'espère juste qu'on ne va pas tomber en panne d'essence!
Dimanche - 22h30
C'est l'heure d'aller se coucher. On a passé une journée fantastique; les enfants sont adorables, les parents aussi, c'est comme si on se connaissait depuis longtemps. On est un peu gêné de profiter de leur générosité sans pouvoir leur en rendre un peu, espérons que nous aurons l'occasion de le faire plus tard.
Lundi 7h30
Adieux à nos hôtes; nous voici dans le "school bus" (comme dans les Simpson) avec les enfants direction Launceston. Le chauffeur dépose les enfants, puis nous conduit au terminal des bus, où nous prenons un bus qui nous ramène à notre point de départ, c'est aussi simple que ça. Il pleut (enfin) quand nous arrivons sur le parking. C'est le retour à la réalité...
A venir ces prochains jours si on y arrive: un peu de video de la randonnee et des photos de platypus (ou ornythorinques). J'en profite pour remercier la communaute des barbus pour son soutien! See you...
ça a vraiment l'air magnifique et très enrichissant... vous nous manquez
bisous
Rassol, Il ne te manque plus qu'un bon France - Irlande...
Allez les bleus !
j'ai juste une question : mais où qu'il est l'album photo correspondant ?!?
gros bisous
i
Au fait, Damien tu ne t'es tjs pas rase????????????????
on vient de se faire une petite bouteille australienne à votre santé chez les manos !
tout le monde vous embrasse !
pour info, le maroc c'est du 10 AU 18 avril et on est prêt à partiiper à vos billets d'avion (enfin bernie gère le financement) !!!
la biz
Tinote, Mano, Salima, Jeanbi, Jeanne, Brajac et Paulo !!!!!
Les aventuriers du monde des microbes et des parasites.
Quel plaisir de vous lire le sourire aux lèvres! c'est trop fort ce que vous faites! et ça donne + qu'envie!! vos descriptions, reactions etc etc nous font vraiment voyager avec vous, c'est super!gros bisous à tous les 2.
PS : pour vous le tps passe surement vite, mais sachez bien qu'on pense à vous, et pour Damien, sache que chez les carrefourniens le temps nous semble bien long sans toi!bye
angy