Derniers jours en tasmanie
10-22 décembre
C'est déjà la fin de notre séjour en Tasmanie, avec au programme nos derniers jours de travail dans les champs , un peu de tourisme forcé et une randonnée en famille sur la péninsule de Freycinet.
Revenons d'abord sur la suite et la fin quelque peu rocambolesque de nos aventures dans les pommes: après une première semaine quelque peu décourageante au vu du salaire récolté, nous avons eu l'honneur quelques jours plus tard d'être retenus parmi l'élite des affineurs de pommes, tandis que nos moins chanceux (et talentueux pour sûr) collègues furent invités à rentrer chez eux . La fierté de voir notre travail récompensé suffit à nous redonner un peu de motivation.
Nous nous sommes donc retrouvés face aux pommiers que seules des mains expertes sont habilitées à manipuler: les Pink Lady, Rolls Royce des pommes, qui ne se laissent pas apprivoiser par le premier venu, et requièrent un savoir-faire particulier pour se laisser cueillir. Le travail reprit donc sous un nouvel angle, celui de l'étude minutieuse de chaque feuille, chaque branche, chaque pomme, pour garantir que seuls les meilleurs fruits pousseraient sur l'arbre. De plus il fallait traquer le moindre point noir, synonyme de maladie et d'arrachage systématique afin d'éviter la contagion au reste du pommier. Même le patron nous fit l'honneur d'une petite visite et de quelques explications sur l'importance de cette tâche. Notre cadence en prit du plomb dans l'aile, mais à la fin de la journée nous étions contents de ce nouveau statut.
Le lendemain rebelote, sauf que certains de nos collègues avaient gardé un rythme proche de la semaine précédente... autant dire qu'avec une paie liée au nombre d'arbres traités dans la journée, nous serions non plus dans les pommes, mais dans les choux! Interrogés sur ce point, nos superviseurs restèrent étrangement muets, "no comment". Pas très rassurant quand même, et guère plus motivant.
Les explications sont venues le vendredi quand au petit matin on nous apprit que cette journée de travail serait la dernière (la veille on nous annonçait encore du boulot pour une semaine), en raison du manque de liquidités de la ferme ayant pour conséquence sa vente aux enchères dès la semaine suivante! Bizarrement la journée fut loin d'être productive, les échelles servant plus à poser pour les photos souvenir qu'à monter aux arbres.
Nous voici donc au chômage un peu plus tôt que prévu avec un trou dans l'agenda, mes cousins n'arrivant que six jours plus tard. L'occasion de visiter des endroits auxquels nous n'avions pas encore eu le temps de passer. Nous avons donc passé un peu de temps sur la côte nord-ouest jusqu'à la ville de Stanley où une mini-promenade du haut de la colline (accessible en télésiège pour les plus paresseux) offrait de belles vues sur les plages de la côte. Puis demi-tour et destination l'aéroport de Launceston, pour accueillir Guillaume et Thomas, ce dernier arrivé en Australie depuis à peine deux semaines.
Ensemble nous avons prévu une randonnée dans le parc de la péninsule de Freycinet, réputée pour les paysages spectaculaires qui font le bonheur des marchands de cartes postales locaux. Espérons que nous aurons suffisamment de soleil pour reconnaître les lieux: car si les prévisions météo semblent favorables, la fraîcheur et les nuages nous laissent entendre que tout est possible.
C'est au restaurant que nous fêtons les retrouvailles et affinons les préparatifs, histoire d'être dans les meilleures dispositions pour un peu d'action le lendemain. Après une nuit fraîche et bruyante en raison de la proximité de l'autoroute, nous arrivons à Freycinet aux alentours de midi, équipés comme des professionnels, avec un stock de nourriture suffisant pour un jour supplémentaire. Avant de partir nous avons même fait l'acquisition d'un brûleur pour notre bouteille de gaz! Tout est prêt...si ce n'est qu'en bouclant les sacs nous réalisons que la bouteille et le brûleur ne sont pas compatibles. Le brevet de randonneur ce sera pour une prochaine fois... Mais comme nous prévoyons une seule nuit de camping, nous décidons à l'unanimité de nous passer d'un repas chaud, ce sera donc sandwich pour tout le monde. Les pâtes sont donc avalées sur le parking avant de partir, avec un invité surprise venu nous souhaiter bon appétit.
Ceci étant réglé nous nous mettons en ordre de marche. Etant donnée l'heure avancée de notre départ, nous ne croisons pas grand monde en chemin, hormis des touristes français (mais que font ils ici?). Le terrain est assez plat, l'allure vive, même si les sacs sont un peu lourds. Toujours est-il que les cinq heures jusqu'au campement passent rapidement, avec déjà des panoramas sympathiques.

Nous plantons les tentes à l'abri du vent et du bord de mer, puis repartons vers la plage pour profiter du coucher de soleil avec le dîner. De retour sur notre emplacement, c'est le drame: nous tombons nez à nez avec des opossums qui pensaient faire leur repas dans la tente, et avaient déjà entamé le pain de mie. Heureusement nous arrivons à temps pour éviter d'être complètement pillés, mais les opossums ne lâchent pas le morceau et restent à proximité. La nuit sera courte, chaque bruit de pas nous mettant en alerte d'une nouvelle attaque...
Le lendemain réveil difficile mais l'essentiel est que nous avons toujours de quoi survivre! Pas inutile car six heures de marche sont prévues pour arriver à boucler la randonnée. Un peu de marche le long de la plage puis grimpette au programme. Le tout c'est de s'y remettre, alors en avant!
Et pour se motiver, si le ciel se dégage un peu, nous devrions avoir une vue imprenable de la péninsule ainsi que Wineglass Bay, la plage réputée la plus belle de toute la Tasmanie.
Le poids des sacs se fait bien sentir, les montées sont raides, c'est donc avec soulagement que nous arrivons au sommet du mont Graham, d'où nous sommes récompensés de nos efforts.
Et la pause déjeuner n'est plus très loin, de quoi redonner le sourire et de l'énergie à tout le monde.
Il nous tarde d'arriver sur la plage, mais cette fois le trajet semble interminable pour atteindre le sable. Les dos souffrent, la fatigue s'intensifie. Enfin nous posons le pied sur Wineglass Bay, et là on se dit qu'on a bien fait de venir; on se retrouve seuls sur une plage de sable blanc, la mer turquoise et transparente, les montagnes en arrière-plan...seule la température nous rappelle que nous sommes en Tasmanie et non dans les Caraïbes. Peu importe, c'est l'heure de la baignade pour certains, de la sieste pour d'autres (devinez qui?).
Pour couronner le tout c'est le moment que choisit le soleil pour se montrer; encore une fois nous sommes plutôt chanceux on dirait. Ne manque qu'un ou deux animaux pour compléter le tableau. Merci donc au wallaby qui accepte de nous donner une petite leçon de saut, notre technique ne l'impressionnant pas vraiment...
Reste un dernier effort à faire pour remonter jusqu'au parking. Une heure plus tard nous posons définitivement nos sacs à dos, contents d'en avoir fini, et ravis de ce que nous avons pu voir. La Tasmanie c'est quand même joli, non? (D'ailleurs un album photos Tasmanie est en préparation pour convaincre les éventuels sceptiques).
Et maintenant nous voici en attente du retour sur le continent: nous serons à Melbourne demain soir, avec en tête la préparation du repas de Noël. La perspective de manger foie gras, coquilles saint Jacques et viande cuisinée réveille déjà nos estomacs, les neuf heures de traversée vont sembler bien longues!
En attendant d'avoir de vos nouvelles à tous, we wish you a merry christmas...